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Tourisme, vignobles et énergie nucléaire : les trois nouveaux intérêts des investisseurs chinois
 
Le président français François Hollande vient de terminer sa deuxième visite d'Etat en Chine. Les dizaines d'entrepreneurs français qui l'accompagnaient ont exprimé leur désir d'attirer les investissements chinois. En fait, dans le cadre d'une amitié de plus en plus étroite entre la Chine et la France, avec la lente reprise de l'économie européenne et la dévaluation de l'euro, le nombre des investisseurs chinois qui s'intéressent au marché français s'est déjà multiplié.

D'après un article publié le 1er novembre sur le site du journal Les Echos, au premier semestre 2015, les investissements en provenance de Chine ont quasiment atteint le total enregistré l'année dernière : 3,1 milliards de dollars au premier semestre, contre 3,6 milliards sur toute l'année 2014, selon Dragon Index, calculé par le fonds d'investissement A Capital. Celui-ci recense l'ensemble des investissements chinois en France depuis 2011 et, selon lui, « après deux années stables, l'année 2015 s'oriente vers un millésime record ».

Aujourd'hui, au lieu d'accroitre les exportations comme autrefois, les investisseurs chinois mettent plutôt l'accent sur l'achat de produits, de technologies ou même de marques de France dans l'intention de satisfaire les besoins du marché chinois. Parmi eux, les secteurs du tourisme, des vignobles et de l'énergie nucléaire sont particulièrement prisés.

Tourisme : hôtels, aéroports et agences

Avec le nombre croissant de voyageurs chinois en Europe, le secteur du tourisme devient l'un des principaux bénéficiaires de l'intérêt des investisseurs chinois pour l'hôtellerie, les aéroports et les agences touristiques.

En mars dernier, le conglomérat Fosun a déboursé 1,1 milliard de dollars pour prendre le contrôle du Club Méditerranée, tandis que le deuxième groupe hôtelier chinois, Jin Jiang, a repris Louvre Hotels Group (Campanile, Kyriad, Golden Tulip) au fonds Starwood Capital pour 1,5 milliard de dollars.

Un voyagiste français et acteur historique du secteur pourrait passer sous pavillon chinois : le groupe familial Fram. HNA, un mastodonte aux activités diversifiées, notamment présent dans le transport aérien, n'est pas inconnu en France, puisqu'il est l'un des actionnaires d'Aigle Azur, a reporté le site du journal Les Echos.

En outre, le gouvernement provincial du Shandong a approuvé en mars l'acquisition par Shandong Hi-speed Group de 49,99% des parts de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le quatrième plus grand aéroport de France, pour un investissement de 308 millions d'euros.

« Le nombre potentiel de touristes chinois est gigantesque et les acteurs internationaux n'ont pas toujours une offre adaptée aux besoins de ces nouveaux voyageurs », souligne Michel Fouquin, conseiller au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII). L'an dernier, quelque 107 millions de Chinois ont effectué un voyage touristique à l'étranger. Ils ont dépensé plus de 146 milliards d'euros, quatre fois plus qu'en 2008. « Les investisseurs chinois ont identifié un marché au fort potentiel de développement : l'amélioration de l'accueil des Chinois à l'étranger. » Selon l'expert, « les groupes chinois viennent chercher en France un savoir-faire. Il est cohérent qu'ils s'intéressent aussi bien aux hôtels qu'aux aéroports ou aux voyagistes qui commercialisent le produit final. Ils cherchent à contrôler toute la filière. »

100 vignobles achetés par des Chinois

Fait notable, l'année 2015 a vu la centième propriété viticole française passer dans des mains chinoises avec la vente de Chateau Renon, dans le Bordelais. Une région qui attire particulièrement les capitaux chinois, qui représentent près de la moitié des investisseurs étrangers.

Daniel Carmagnat avait vendu en 2008 au groupe Longhai le château Latour Laguens, dans l'Entre-deux-Mers. Selon lui, l'intérêt des Chinois pour les châteaux en Bordelais n'est pas passé, mais il y a aujourd'hui beaucoup moins de transactions. « L'euphorie est terminée. Jusqu'à l'année dernière, j'avais chaque semaine la visite de trois ou quatre Chinois. Il fallait aller les chercher à Bordeaux, leur faire visiter le vignoble, les propriétés. Il y avait un bouillonnement. Aujourd'hui cela s'est beaucoup calmé. Certains propriétaires déchantent quand ils découvrent qu'il y a des lois sociales ou des aléas météo. Il y a aussi de l'incompréhension dans le travail. Plusieurs maîtres de chais sont partis à cause de cela », a dit Daniel Carmagnat.

« Leur cœur de cible, c'est l'appellation Bordeaux. Ce sont des vins difficiles à vendre en France, mais pas en Chine. Un vin qui se vend ici 3 ou 4 euros la bouteille, ils le vendent 20 ou 30 euros en Chine. Ils veulent surtout une marque qu'ils peuvent valoriser chez eux, avec des boutiques, des revues, des mini-salons », a-t-il ajouté.

Energie nucléaire : l'entrée de CNNC au capital du fleuron nucléaire français Areva

Areva a annoncé, lundi 2 novembre à l'occasion de la visite de François Hollande en Chine, la signature avec son partenaire CNNC (China National Nuclear Corporation) d'un protocole d'accord sur une possible coopération approfondie, qui pourrait passer par une prise de participation minoritaire du groupe chinois à son capital.

« La Chine est incontournable pour Areva. C'est maintenant qu'il faut nouer des alliances, car elle est en croissance et a besoin de technologies », avait déclaré Philippe Varin, président d'Areva, juste avant la signature.

Le protocole d'accord prévoit aussi un volet industriel de coopération sur l'ensemble des activités du cycle de l'uranium : les mines, la logistique, le recyclage et le démantèlement.



Source: china.org.cn
Mis à jour le 06-11-2015