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La diversité de l'écosystème financier de Paris favorise l'internationalisation du yuan
 


Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France

« Certains atouts de la place de Paris présentent un intérêt particulier pour les relations financières entre la France et la Chine. Je pense que Paris peut être un pôle important dans l'internationalisation du renminbi », a déclaré Christian Noyer, gouverneur honoraire de la Banque de France et président de la Banque de 2003 à 2015, lors d'une conférence de presse qui s'est déroulée le 12 décembre à l'ambassade de France à Beijing, en présence de l'ambassadeur Maurice Gourdault-Montagne.

Paris qualifiée pour être le futur centre financier de la zone euro après le Brexit

Dans le contexte du Brexit, qui a conduit un grand nombre d'acteurs financiers à préparer des stratégies alternatives d'accès au marché européen, Christian Noyer s'est rendu en Chine du 8 au 12 décembre dans le cadre de la mission de promotion de la place financière de Paris, que lui a confiée le Premier ministre français.

« Le Royaume-Uni a été choisi comme tête de pont pour l'accès au marché unique des services financiers par un grand nombre d'acteurs. Mais après le Brexit, il perdra son "passeport financier" et les établissements financiers ne pourront alors plus offrir directement leurs services dans l'Europe continentale depuis Londres. Avec un système de régulation et de supervision très développé et puissant qui s'occupe déjà de grands acteurs, un avantage absolu au niveau des transports et des ressources en talents, ainsi que la diversité de son écosystème financier, Paris a la capacité de traiter beaucoup plus d'activités financières, ce qui n'est pas le cas partout », a indiqué Christian Noyer.

Les élections présidentielles françaises auront lieu au mois d'avril prochain. A l'heure actuelle, la majorité des sondages prévoient un second tour opposant François Fillon, candidat du parti Les Républicains (centre-gauche), à Marine Le Pen, dirigeante du Front national (extrême droite). Cette dernière a estimé qu'il était possible pour la France de sortir de l'Union européenne par un référendum. Selon M. Noyer, l'idée de sortir la France de l'UE n'a absolument aucun sens et c'est radicalement impossible : « Sans la France ou l'Allemagne, l'UE n'existe plus, car les deux pays sont les fondateurs. Les élections n'auront pas d'influences négatives sur la coopération sino-française dans le secteur financier. »

L'étroite coopération financière sino-française contribue à l'internationalisation du yuan

Les régulateurs chinois et français ont déjà su tisser des relations étroites. La Chine et la France sont toujours très actives dans les enceintes financières internationales, telles que le G20, le Comité de Bâle ou encore leConseil de stabilité financière (FSB), et elles partagent très souvent les mêmes positions.

A la suite de la rencontre en septembre du président chinois Xi Jinping et de son homologue français, François Hollande, le 4e Dialogue économique et financier de haut niveau sino-français s'est déroulé le 14 novembre à Paris. A cette occasion, les autorités chinoises et françaises se sont accordées sur de nombreux points de consensus en matière de coopération financière, notamment la promotion de la France en tant que centre financier important du yuan dans la zone euro, ainsi que l'internationalisation du yuan.

« Paris est déjà un centre financier et commercial important, qui est naturellement capable d'accueillir les activités qui vont devoir quitter Londres. La France souhaite toujours élargir la coopération financière avec la Chine. En effet, les grandes banques chinoises sont déjà présentes à Paris, avec par exemple la Banque de Chine (Bank of China). Paris est également la principale place off-shore en yuans de la zone euro : plus de 40 % des transactions de la zone euro libellées en yuans sont réalisées en France et 50 % des échanges entre la France et la Chine sont libellés en yuans », a souligné M. Noyer en réponse à une question sur le rôle de la Chine dans le marché financier de Paris.

« J'ai proposé de développer les opérations du yuan off-shore il y a déjà plusieurs années. Je crois que j'étais le premier en Europe à l'avoir proposé aux autorités chinoises, notamment à mon collègue Zhou Xiaochuan, gouverneur de la Banque populaire de Chine (PBoC). C'est une affaire qui progresse extrêmement bien depuis nous l'avons lancée », a-t-il indiqué lors de la conférence.



Source: china.org.cn
Mis à jour le 14-12-2016