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Un rachat chinois agite les législateurs européens

Un nombre croissant d'entreprises chinoises rachètent des entreprises de haute-technologie à travers l'Europe, une tendance qui déstabilise les législateurs européens préoccupés par une fuite potentielle de technologies critiques.

Cependant, les analystes notent que ces inquiétudes devraient être écartées, car les accords de rachat ont généralement des résultats gagnant-gagnant et sont relativement naturels à l'ère de la mondialisation.

Bai Ming, un chercheur de l'Académie chinoise de commerce international et de coopération économique, note que, pour les entreprises européennes de haute technologie qui visent le marché chinois, le soutien en capitaux des entreprises chinoises pourra les aider à se frayer un chemin.

Dans le même temps, l'acquisition d'entreprises européennes de haute technologie par des entreprises chinoises reflètent une tendance stratégique dans l'industrie de la haute technologie, qui vise à mettre à niveau l'industrie chinoise et à stimuler la productivité, explique He Weiwen, un membre du Conseil exécutif de la China Society for WTO Studies.

« Cela s'accorde également avec le plan "Made in China 2025" du gouvernement central, proposé en 2015 », indique Bai Ming, qui note que l'objectif est similaire à la « Quatrième révolution industrielle » de l'Allemagne, qui vise à lier les usines réelles avec le monde virtuelle.

Inquiétudes européennes

La récente acquisition du fournisseur allemand de robotique industrielle, Kuka - qui est au cœur de la dynamique de quatrième révolution industrielle de l'Allemagne - par le géant chinois de l'électroménager, Midea, illustre bien la situation.

Midea a obtenu 94,55 % des parts de Kuka le 8 août, faisant d'elle le plus grand actionnaire de cette entreprise allemande de robotique, selon une déclaration publiée le même jour sur le site de l'entreprise. Le rapport note également, que cette action est actuellement en attente d'une approbation réglementaire.

Dans le cadre de cet accord, l'entreprise est valorisée à 4,6 milliards d'euros, indiquait le 11 août le portail d'information Qq.com.

Cette opération est significative pour Midea, en termes de reconnaissance de marque et de reconnaissance mondiale.

« Midea cherche également à remplacer sa main d'œuvre par des robots et l'introduction du cœur de métier de Kuka va lui permettre d'accélérer l'automatisation de la production et de réduire les coûts », indique He Weiwen.

Au départ, l'offre de Midea a entraîné de fortes inquiétudes en Europe et un certain nombre de législateurs et d'acteurs industriels allemands ont exprimé leurs craintes sur la possibilité d'un transfert de savoir-faire technologique critique entre des mains chinoises.

Pour apaiser ces angoisses, Midea s'est engagée en juin à maintenir l'indépendance des opérations de Kuka et à protéger ses secrets commerciaux. Elle ne prévoit pas de retirer l'entreprise de la bourse pour les sept prochaines années et demie, selon une déclaration qu'elle a envoyée à la Shenzhen Stock Exchange.

« On peut voir cela comme une garantie faite aux gouvernements européens, que l'Allemagne reste aux commandes de sa technologie de pointe », indique Bai Ming.

De plus, la performance de Kuka sur le marché chinois était relativement molle au cours de ces dernières années et l'implication de Midea devrait aider à relancer la croissance globale de ses recettes.

Poussée par la croissance explosive du marché chinois, Kuka pourrait remplir ses objectifs de croissance de ses recettes, atteignant les 4 à 4,5 milliards d'euros avant 2020, avec une contribution attendue du marché chinois de 22 % sur ses recettes totales, selon le site d'information 163.com.

Une augmentation des acquisitions

Traditionnellement, les entreprises chinoises se sont focalisées sur les fusions et acquisitions dans des secteurs comme la production manufacturière et l'immobilier, mais elles visent désormais le secteur de la haute technologie à travers l'Europe.

En mars, un investissement contrôlé par le gouvernement municipal de Beijing a racheté EEW, la plus grande entreprise de traitement des déchets d'Allemagne, pour un montant de 1,4 milliard d'euros.

S'ensuivit l'acquisition de l'unité opérationnelle d'Osram chargé des lampes par un consortium chinois, incluant IDG et MLS, une entreprise chinoise d'éclairage.

Le suédois Syngenta AG a également donné son feu vert à son rachat par la China National Chemical (ChemChina) pour 43 milliards de dollars (38 milliards d'euros), rapportait Bloomberg en juillet.

Selon les statistiques publiées par Deloitte, sur les 79 fusions et acquisitions lancées par les entreprises chinoises sur leurs homologues européens en 2015, 31 concernaient la technologie industrielle.

Même si les gouvernements européens n'ont pas de réglementation claire concernant les acquisitions étrangères d'entreprises de haute technologie et qu'ils n'ont pas exprimé publiquement d'opposition ces dernières années avant l'accord sur Kuka, il semble qu'à l'avenir ceux-ci pourraient avoir une attitude plus circonspecte envers ce secteur, estime He Weiwen.

« Les inquiétudes portent sur les technologies clés. [...] Mais à l'ère de la mondialisation, les fusions et acquisitions sont relativement normales et le développement des technologies de pointe nécessite la coopération de toutes les parties impliquées. »




Source: china.org.cn
Mis à jour le 19-08-2016